Il n’est étonnant pour personne que le langage de programmation Perl est en perte de vitesse. Depuis quelques années, plusieurs sources s’accordent pour dire que ce langage risque de ne plus être compté parmi les langages de programmation utilisés par un grand nombre de développeurs. Et pour cause, le langage de programmation Perl ne remplit plus certaines conditions chères à de nombreux développeurs. En 2019, Developpez.com, la plateforme francophone qui reçoit par mois plusieurs millions de visiteurs, a réalisé un sondage à l’issue duquel les intervenants ont désigné Objective-C et Perl comme les deux langages de programmation les plus susceptibles de disparaître dans les prochaines années. Pour sauver le langage, le comité de pilotage de Perl rassemble actuellement des propositions pour redonner au langage l'attrait qu'il avait auprès des utilisateurs. Mais pourra-t-il faire de Perl ce qu'il était il y a trente ans ?Parmi les conditions nécessaires à la survie des langages de programmation, nous avons la communauté et la popularité. Pour juger de la popularité de Perl, l’on peut se tourner vers l’indice de popularité Tiobe qui retrace la courbe d’évolution du langage. En 1995, environ quelques années après la sortie de sa première version stable, le langage a été classé 3e parmi les langages de programmation d’alors. En 2000, il est passé à la 4e place. En 2005, il a perdu un rang et est passé à la 5e place. En 2010, c’est la 7e position qu’il occupait. Et en 2015, il est passé à la 8e place. Jusqu’en 2015 donc, ce langage était utilisé par un nombre important de développeurs et d’entreprises.
Mais à partir de là, les développeurs ont commencé à prendre leur distance et en 2020, il est passé à la 14e place. Pour ce mois de mars, il occupe la 17e place dans le récent classement de Tiobe. Avec Redmonk, qui donne la tendance des langages sur les plateformes Github et Stack Overflow, Perl occupe la 19e place dans son classement du mois de janvier. Et avec PYPL, qui mesure l’indice de popularité des langages de programmation en utilisant Google Trends, Perl a perdu deux places par rapport à l’an dernier et occupe pour ce mois de mars la 23e place. Si les développeurs semblent délaisser Perl au fil des années, cela serait dû en partie aux efforts consentis pour maintenir le langage et lui apporter des fonctionnalités fraîches (frameworks, bibliothèques, performances, etc.) que l’on retrouve dans les langages de la dernière décennie. Pour certaines personnes (beaucoup plus jeunes en l’occurrence), Perl est considéré comme un langage de « grand-père », à peu près de la même façon que les gens voient COBOL aujourd’hui.
Google Trends : évolution de Perl de 2004 à nos jours
Ces personnes estiment que l’évocation du mot Perl renvoie une mauvaise image qui pourrait contribuer à éloigner les jeunes développeurs. En effet, pour de nombreux développeurs, Perl qui était autrefois un langage de programmation Web de premier plan, pragmatique et utile a acquis au fil des années la mauvaise réputation d’être un langage en écriture seule (write-only). D’après eux, les développeurs pensaient que le langage était efficace et portable, mais il s’est accompagné de complications. Plusieurs l’ont qualifié de langage « fragmenté », car il semble que les créateurs ont accumulé les fonctionnalités les unes après les autres sans penser à la manière dont elles seraient synchronisées.
Des efforts de modernisation du langage ont été faits avec la version 6 de Perl, mais avec cette dernière version du langage, l’on ne parle plus de Perl, mais de Raku, qui est devenu un langage sœur de Perl, tant les changements dans cette version 6 de Perl sont importants et radicaux par rapport à Perl 5. Si donc l’on s’en tient au langage Perl, l’on est actuellement bloqué sur la version 5 dont la première version est sortie depuis 1994. À ces problèmes d’évolution, d’autres utilisateurs ajoutent par exemple que pour un langage qui est censé être multiplaforme, l’exécutable de Perl ne fonctionne pas sous les dernières versions de Windows ou Ubuntu pour quelque raison que ce soit. En outre, le compilateur ne fonctionne plus non plus. Pour toutes ces raisons, la communauté du langage ne grandit plus et son utilisation diminue de plus en plus. Apple pour sa part a annoncé officiellement en 2019 que le runtime de Perl (et aussi ceux d’autres langages de scripts comme Python et ruby) ne sera plus installé par défaut dans les nouvelles versions de macOS. Cela rappelle fortement à la décision d’Apple de plus supporter Flash sur iOS, après quoi l’usage de Flash a baissé au fil des ans pour être entièrement abandonné par Adobe depuis l’an dernier.
Plan de relance pour sortir Perl de son déclin
Reconnaissant la baisse continue des utilisateurs de Perl année après année, le comité de pilotage de Perl planche actuellement sur son plan de relance qui passe par les points suivants :
- Améliorer la base de code de Perl en ajoutant des fonctionnalités modernes au langage ;
- travailler à changer la perception du langage en la faisant passer en un langage qui évolue continuellement, mais soigneusement avec de nouvelles fonctionnalités et abandonne les fonctionnalités obsolètes ;
- rendre Perl accueillant pour nouveaux utilisateurs, fiable pour les utilisateurs existants et convaincant pour tout le monde.
Stratégie
Pour atteindre les objectifs ci-dessus, l’équipe de Perl compte s’appuyer sur la stratégie suivante qui est toujours en cours d’élaboration :
- concevoir une feuille de route des fonctionnalités à intégrer dans le langage ;
- avant d’introduire des changements de rupture, il faut au préalable avoir...
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